Depuis janvier 2025, une nouvelle directive de la Défense nationale détermine principalement la langue de travail des unités des Forces armées canadiennes en fonction de leur emplacement géographique. Présentée comme une façon de mieux respecter les obligations prévues par la Loi sur les langues officielles, cette nouvelle approche soulève toutefois des inquiétudes quant à la place du français dans les régions majoritairement anglophones.
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La langue de travail déterminée par la région
Concrètement, la nouvelle approche découle de la DOAD 5039-2 sur les langues officielles en milieu de travail, publiée le 10 janvier 2025. Cette directive met fin à l’ancien système qui attribuait une désignation linguistique anglaise, française ou bilingue aux unités et organisations.
Désormais, la langue de travail est principalement déterminée en fonction de leur emplacement. Ainsi, le français et l’anglais demeurent les langues de travail dans les régions désignées bilingues, tandis que dans les régions unilingues, la langue officielle prédominante de la province ou du territoire s’applique.
Une volonté d’harmoniser les pratiques
Le Collège militaire royal du Canada à Kingston illustre concrètement les effets de cette nouvelle approche. Depuis 2026, l’anglais y est la principale langue de travail pour l’administration interne, Kingston étant située dans une région désignée unilingue anglophone aux fins de la langue de travail.
La formation demeure toutefois offerte dans les deux langues officielles, tout comme les services personnels destinés aux militaires et aux élèves-officiers ainsi que les services au public.
Selon la Défense nationale, cette nouvelle approche vise à harmoniser ses pratiques avec la Loi sur les langues officielles. L’ancien système pouvait notamment imposer des obligations bilingues à des unités situées dans des régions unilingues, ce qui entraînait des difficultés d’application.
Le français maintenu dans les régions bilingues
La nouvelle politique ne met toutefois pas fin à l’utilisation du français comme langue de travail. Dans les régions désignées bilingues, notamment la région de la capitale nationale, le Nouveau-Brunswick et la région bilingue de Montréal, le personnel conserve donc le droit d’utiliser le français ou l’anglais dans ses activités professionnelles.
Dans les régions unilingues, certains droits linguistiques demeurent également garantis aux militaires.
Des inquiétudes chez les francophones
Les changements alimentent les inquiétudes quant à la place du français au sein des Forces armées canadiennes. Selon des données de la Défense nationale obtenues par Francopresse, 174 unités sont passées d’un régime de travail bilingue à un régime unilingue anglophone, tandis que 67 unités auparavant anglophones sont devenues bilingues.
Le bilan représente ainsi une perte nette de 107 unités où le français pouvait être utilisé comme langue de travail.
Face aux préoccupations soulevées, le ministre de la Défense nationale, David McGuinty, a annoncé le 13 août 2026 un examen des désignations de langue de travail afin de s’assurer que la nouvelle approche respecte les droits linguistiques des membres des Forces armées.
