À Ottawa, Hollis Pierce 38 ans, utilisateur de fauteuil roulant et responsable de l’accessibilité chez Sielo Robotics, a réalisé, en juillet, son premier autoportrait, sans aucune médiation humaine. Grâce à Arlo, un bras robotisé fixé à son fauteuil, qu’il pilote seul via une souris spatiale.
Crédit visuel : Félix Arseneau / Directeur artistique
Arlo a été développé en collaboration avec des personnes à mobilité réduite, qui participent directement à la conception et à l’amélioration de la technologie. Derrière ce geste banal en apparence, se cachent des mois de développement, contrôle 3D millimétrique, coordination fine, et un algorithme d’IA entraîné à épouser ses capacités motrices.
« En tant qu’ingénieur et cofondateur, ma vision avec Arlo dépasse la simple performance technique ou biomédicale, il s’agit de redonner une véritable spontanéité motrice […] J’ai voulu concevoir un bras d’assistance capable de s’effacer derrière l’intention de son utilisateur, pour que chacun puisse interagir avec son environnement physique, retrouver son autonomie au quotidien et exprimer sa créativité sans barrière», explique Rafaël Hébert, directeur technique et cofondateur de Sielo Robotics.
Un geste simple, une révolution d’autonomie
Avec Arlo, Hollis Pierce accomplit seul un geste autrefois impossible, qui est de positionner son téléphone, cadrer, déclencher. Le bras robotisé, fixé à son fauteuil et contrôlé par une souris spatiale (dispositif permettant de diriger des mouvements dans plusieurs directions) , offre une précision 3D millimétrée et lui permet de manipuler des objets.
Au-delà de la prise de photos, Arlo est conçu pour aider les personnes ayant une mobilité réduite des bras à accomplir différentes tâches du quotidien, comme manger, boire, saisir des objets ou ouvrir une porte.
Arlo leur redonne le pouvoir d’agir directement sur leur environnement physique.
Rafaël Hérbert
Ce qui fait que grâce à Arlo, Hollis Pierce peut désormais réaliser seul un autoportrait, sans avoir à demander l’aide d’une autre personne.
De l’Université d’Ottawa à Sielo Robotics
Sielo Robotics est actuellement installée dans un laboratoire de l’Université d’Ottawa. L’entreprise, cofondée par Evan Zeglinski-Spinney, Lucy Amos, Laila Burns et Rafaël Hébert, s’appuie sur une équipe pluridisciplinaire en ingénierie, robotique et design.
Elle a également établi un partenariat avec 8-80 Collaborative, une collaboration entre l’Institut de recherche du Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario (CHEO) et Santé Bruyère.
L’entreprise recherche d’ailleurs activement des volontaires pour valider sa technologie en conditions réelles.
Une technologie conçue avec ses utilisateurs
Sielo Robotics intègre les personnes concernées directement dans le développement de sa technologie. Hollis Pierce occupe ainsi le poste de responsable de l’accessibilité où il teste les produits et contribue à orienter leur conception selon son expérience vécue.
Le choix de la souris spatiale par exemple comme interface n’est pas anodin, ce dispositif permet de manipuler des environnements 3D dans six directions, offrant une précision et une fluidité adaptées aux capacités motrices de Hollis Pierce. Cette décision illustre l’importance de faire participer les utilisateurs finaux dès la phase de conception, notamment en matière d’ergonomie, d’interface et de sécurité.
L’autoportrait de Hollis Pierce illustre ainsi l’ambition derrière Arlo, qui est de permettre à des personnes ayant une mobilité réduite des bras d’accomplir de manière autonome davantage de gestes du quotidien.
