Une trentaine de postes abolis à la STO

La Société de transport de l’Outaouais (STO) abolit une trentaine de postes dans le cadre d’une importante restructuration destinée à réduire ses dépenses. La direction invoque une baisse du financement provincial, tandis que syndicats et élus craignent des répercussions sur les employés et, à terme, sur les services.

Crédit visuel : Félix Arseneau / Directeur artistique

La STO indique que ces suppressions représentent environ 20 % des effectifs cadres et près de 5 % des postes administratifs. L’organisation précise également que trois directions ont été abolies dans le cadre de cette restructuration. 

Les compressions touchent principalement des postes de gestion et des fonctions administratives, plutôt que les chauffeurs d’autobus ou le personnel directement lié au service à la clientèle. 

Selon la STO toujours, cette restructuration vise à réduire les dépenses de l’organisation, dans un contexte où la pression financière augmente.

« Tout le monde fait sa part, sauf le gouvernement du Québec »

La direction de la STO justifie ces décisions par une situation budgétaire jugée préoccupante. L’organisation évoque notamment une diminution importante du financement provincial, qui pourrait atteindre une baisse d’environ 53% sur cinq ans.

Cette réduction des contributions gouvernementales entraînerait un manque à gagner de plusieurs millions de dollars, avec un déficit anticipé de 10 millions de dollars dès l’année prochaine et pouvant grimper à 16 millions d’ici 2029, selon la Société de transport de l’Outaouais.

La seule source de revenu qui diminue, c’est celle du gouvernement du Québec

Edmond Leclerc, président du conseil d’administration de la STO

Dans ce contexte, la STO affirme n’avoir d’autre choix que de procéder à des compressions administratives pour tenter de rétablir l’équilibre budgétaire. Les dirigeants soutiennent que ces décisions difficiles visent à éviter des coupes plus directes dans les services offerts à la population.

Des syndicats préoccupés par l’impact humain


Du côté syndical, les réactions sont marquées par l’inquiétude et la critique. « Ça a été une bombe quand la nouvelle est tombée mardi. Les gens sont très anxieux, on ne sait pas trop à quoi s’attendre. Ça a créé toutes sortes de questionnements », affirme Daniel Dupuis, vice-président du Syndicat des employés professionnels et de bureau de la STO, au micro de la 104.7. Le syndicat dénonce une approche qui fragilise les conditions de travail et crée un climat d’incertitude au sein de l’organisation.

Et bien que les licenciements touchent surtout des postes administratifs et cadres, les syndicats craignent que cette première vague de compressions ne soit qu’un début. Ils redoutent notamment que d’autres coupes puissent éventuellement affecter les employés sur le terrain, y compris les chauffeurs.

La société de transport a d’ailleurs reconnu que d’autres mesures pourraient être envisagées si la situation financière ne s’améliore pas, incluant notamment des compressions supplémentaires ou des ajustements à l’offre de service.

Les organisations syndicales remettent également en question les choix de gestion, estimant que les employés ne devraient pas être les premiers à subir les conséquences des décisions budgétaires et politiques.

Une crise qui pourrait redéfinir l’avenir du transport collectif

Cette vague de licenciements s’inscrit dans un contexte plus large de financement incertain du transport collectif au Québec. Pour la STO, les décisions prises actuellement sont présentées comme un premier pas dans une série de choix difficiles à venir. 

Entre compressions, pressions politiques et attentes des usagers, l’organisation devra concilier le maintien des services avec les contraintes financières auxquelles elle fait face. Ce qui sera sans doute  l’un des principaux défis auxquels la STO devra faire face dans les prochaines années. 

Laisser un commentaire

La Pépinière

La relève des médias francophones de l'Ontario